91° anniversaire de l'armistice
Le 11/11/2009
Une belle cérémonie, ce matin, devant le monument aux morts en présence des élus, des troupes du 1° régiment de chasseurs d'Afrique commandées par le colonel Richard LAKIN, des porte-drapeaux, d'un public nombreux et beaucoup d'enfants.
Discours, dépôts de gerbes, remise de décorations et défilé militaire.
Mesdames, Messieurs les adjoints et conseillers municipaux,
Colonel,
Messieurs les porte-drapeaux, représentant les combattants
Mesdames, Messieurs,
Comme vient de le rappeler le Président de l’UNC, nous célébrons, aujourd’hui, le 91ème anniversaire de l’armistice qui marque l’arrêt des combats d’une guerre qui a duré 4 ans.
Le 28 juin 1914, c’est l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône de l’Autriche-Hongrie, par de jeunes nationalistes serbes qui met le feu aux poudres.
Un mois plus tard, Vienne déclare la guerre à la Serbie et l’Allemagne à la France. L’Europe se scinde en deux blocs qui s’affrontent,
La triple alliance composée des empires allemand, austro-hongrois, ottoman et le royaume de Bulgarie
La triple entente composée de la France, l’empire russe, les royaumes d’Angleterre, de Serbie, de Belgique, d’Italie, le Japon, puis les États-Unis en 1917.
Cette guerre est un des évènements marquants du 20ème siècle dont le cours a été profondément modifié.
Elle a amené de profonds changements géopolitiques en causant l'effondrement ou la fragmentation des empires austro-hongrois, russe et ottoman. L’empire allemand a disparu. L'Allemagne a vu son territoire réduit. Les cartes de l'Europe et du Moyen-Orient ont été redessinées. Des monarchies ont été remplacées par des états communistes ou par des républiques démocratiques.
Pour la première fois, une institution internationale a été créée dans le but de prévenir les guerres : la Société des Nations.
Elle a atteint une échelle et une intensité inconnues jusqu'alors. Elle a mis en jeu plus de soldats, (60 millions toutes nations confondues), provoqué plus de décès et causé plus de destructions matérielles que toute autre guerre antérieure.
Elle a introduit, pour la première fois dans l’histoire, le 22 avril 1915, l’utilisation de l’arme chimique. Près d’Ypres, en Artois, les troupes allemandes envoient des nappes de chlore sur les tranchées françaises, canadiennes et belges. Les soldats qui ne bénéficient d’aucune protection, souffrent de brûlures des yeux et des voies respiratoires, de terribles mutilations au visage. On les appelle les "gueules cassées".
D'autres évènements très importants sont survenus pendant cette période. Le génocide arménien (1915-1916), la première bataille de l’Atlantique et la Révolution russe en 1917, la grippe de 1918 surnommée « la grippe espagnole », augmentent la détresse des populations civiles.
Des populations civiles très éprouvées, une génération sacrifiée, une "grande saignée" dont l’Europe mettra des années à se remettre.
Le conflit fait, en moyenne par jour, 3 000 morts dont 900 français et 6 000 invalides, essentiellement militaires. L’immense majorité des pertes concerne des hommes jeunes (de 19 à 40 ans). Ce qui entraîne des séquelles démographiques profondes : un déséquilibre hommes/femmes et le vieillissement conséquent de la population.
La Première Guerre mondiale provoque le déclin économique de l’Europe qui sort ruinée de la guerre et perd sa suprématie financière au profit des Etats-Unis et du Japon, pays dont le territoire et l’économie ont été épargnés
Les Alliés ont contracté des dettes énormes auprès des Etats-Unis. Des régions entières sont dévastées : les départements du Nord et de l’Est de la France, bassins sidérurgiques et houillers traditionnels, sont durement touchés.
Si aucun combat ne s’est déroulé sur son sol, l’Allemagne se voit imposer des remboursements énormes (132 milliards de marks-or) par le Traité de Versailles.
La Première Guerre mondiale provoque un changement social.
Le travail féminin s’impose pour suppléer les ouvriers partis au front. Celles que l’on appelle les "munitionnettes" travaillent dans les usines d’armement et exercent bien souvent, pour la première fois, une activité salariée qui se substitue à leur rôle traditionnel de mère au foyer.
Les Alliés utiliseront également la main-d’œuvre indigène : la France enrôle plus de 180 000 travailleurs venus d’Indochine et d’Afrique du Nord, le Royaume-Uni environ 100 000 Chinois.
Pour accroître la productivité, la durée quotidienne du travail est également allongée. Elle passe de 12 à 14 heures en France. L’emploi d’une main-d’œuvre peu qualifiée effectuant des tâches simples et répétitives, se généralise dans les usines européennes.
En France, en Allemagne, comme au Royaume-Uni ou en Russie, les besoins militaires nécessitent une intervention grandissante de l’Etat dans l’économie, qui rompt avec la tradition libérale qui prévalait jusque-là.
Cette première expérience de dirigisme incite les gouvernements à rester très impliqués dans la vie économique après la fin de la guerre.
À l’heure des traités, le bilan est désastreux. Militaires et civils sont traumatisés par l’expérience de cette guerre qui marque une catastrophe sans précédent dans l’histoire de l’Europe et du monde.
Et pourtant, le 20ème siècle a connu une deuxième guerre mondiale.
Nous sommes au 21ème siècle et il ne se passe pas un jour sans qu’on nous parle, à la télévision ou dans les journaux, d’attentats et de morts.
La guerre a changé de visage, mais elle est toujours là à roder ici ou là dans le monde, en Afghanistan, en Irak, en Afrique ou ailleurs.
Comme disait Henri Barbusse, (1873-1935), romancier français qui a vécu la Grande Guerre :
« Si on nous enlevait tout ce qui nous fait mal, que resterait-il? »







