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Cérémonie du souvenir - Hommage aux défunts - 1° novembre 2011
Le 01/11/2011
Mesdames, Messieurs,
Le 1er novembre, jour de la Toussaint, est le jour consacré à la fête de tous les saints, comme son nom l’indique. C’est au 4ème siècle de notre ère que l’église catholique a institué ce jour pour fêter les martyrs chrétiens, les premiers saints après les apôtres, morts pour leur foi.
Et parce que la Toussaint est un jour férié, nous rendons hommage à nos morts avec un jour d’avance.
Mais qu’importe après tout, faut-il que la religion catholique nous impose une date pour penser à nos proches et amis disparus et en particulier à ceux qui nous ont quitté cette année.
Je rappelle leurs noms :
- Madame Marguerite MONTAGNANI décédée le 7 décembre dernier
- Monsieur Alain GIRAN le 16 décembre
- Monsieur Gaston REINAUD le 24 décembre
- Monsieur Léonard HAMMOND le 12 janvier
- Monsieur Maurice MERCIER le 22 janvier
- Monsieur Bernard PIROUÉ le 9 février
- Monsieur Roger PEYRON le 16 mars
- Madame Solange BASSALER le 27 mars
- Madame Pauline DHYSER le 4 avril
- Madame Clarisse MIGUET le 29 mai
- Madame Jeanine ISAÏA le 9 août
- Madame Josiane KALFON le 27 août
- Madame Florestine MAILLE le 29 août
- Monsieur Jean Marie BERTHO le 11 septembre
- Monsieur Barthélémy SORDELLO le 8 octobre
- Monsieur Claude CARON le 13 octobre
- Monsieur Jean FOYER le 31 octobre
Nous rendons hommage, aussi, aux élus de la Commune, les plus proches de nous, ceux que nous avons connu, qui ont donné une part d’eux-mêmes à la chose publique :
Les maires :
- André BOUIS de 1925 à 1956
- Puis, Édouard RAINAUD jusqu’en 1977
Les adjoints ou conseillers municipaux :
- Maurice MICHEL
- Louis STEIN
- Fernand LEDOUJET
- Lucien BÉRENGIER
- Solange BASSALER
En ces moments de retour sur ses propres chagrins, en ces temps d’automne qui nous apportent des jours trop courts, des nuits qui tombent trop vite, des soirées trop longues éclairées par la lumière de l’écran télé, très rarement aujourd’hui par celle du feu de cheminée, l’évasion ne serait-elle pas un peu de poésie ? Et si la poésie est triste, c’est même mieux pour l’occasion.
J’ai choisi de lire quelques extraits d’un poème de Lamartine, poète romantique du XIXème siècle. Pendant un séjour en Italie en septembre 1826, il composa ce texte et Georges Brassens l’a mis en musique en 1969.
« Pensées des morts »
Voilà les feuilles sans sève
Qui tombent sur le gazon,
Voilà le vent qui s'élève
Et gémit dans le vallon,
Voilà l'errante hirondelle
Qui rase du bout de l'aile
L'eau dormante des marais,
Voilà l'enfant des chaumières
Qui glane sur les bruyères
Le bois tombé des forêts.
L'onde n'a plus le murmure
Dont elle enchantait les bois;
Sous des rameaux sans verdure
Les oiseaux n'ont plus de voix;
Le soir est près de l'aurore,
L'astre à peine vient d'éclore
Qu'il va terminer son tour,
Il jette par intervalle
Une heure de clarté pâle
Qu'on appelle encore un jour.
C'est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents;
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants
Ils tombent alors par mille,
Comme la plume inutile
Que l'aigle abandonne aux airs,
Lorsque des plumes nouvelles
Viennent réchauffer ses ailes
A l'approche des hivers.
C'est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents;
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants
Ils tombent alors par mille,
Comme la plume inutile
Que l'aigle abandonne aux airs,
Lorsque des plumes nouvelles
C'est une mère ravie
A ses enfants dispersés,
Qui leur tend de l'autre vie
Ces bras qui les ont bercés;
Des baisers sont sur sa bouche,
Sur ce sein qui fut leur couche
Son cœur les rappelle à soi;
Des pleurs voilent son sourire,
Et son regard semble dire
Vous aime-t-on comme moi ?
C'est une jeune fiancée
Qui, le front ceint du bandeau,
N'emporta qu'une pensée
De sa jeunesse au tombeau;
Triste, hélas ! dans le ciel même,
Pour revoir celui qu'elle aime
Elle revient sur ses pas,
Et lui dit : Ma tombe est verte !
Sur cette terre déserte
Qu'attends-tu ? Je n'y suis pas !
C'est un ami de l'enfance,
Qu'aux jours sombres du malheur
Nous prêta la Providence
Pour appuyer notre cœur
Il n'est plus; notre âme est veuve,
Il nous suit dans notre épreuve
Et nous dit avec pitié :
Ami, si ton âme est pleine,
De ta joie ou de ta peine
Qui portera la moitié ?
C'est l'ombre pâle d'un père
Qui mourut en nous nommant;
C'est une sœur, c'est un frère,
Qui nous devance un moment;
Sous notre heureuse demeure,
Avec celui qui les pleure,
Hélas ! Ils dormaient hier !
Et notre cœur doute encore,
Que le ver déjà dévore
Cette chair de notre chair !
L'enfant dont la mort cruelle
Vient de vider le berceau,
Qui tomba de la mamelle
Au lit glacé du tombeau;
Tous ceux enfin dont la vie
Un jour ou l'autre ravie,
Emporte une part de nous,
Murmurent sous la poussière
Vous qui voyez la lumière,
Vous souvenez-vous de nous ?
Ah ! Vous pleurer est le bonheur suprême,
Mânes chéris de quiconque a des pleurs !
Vous oublier, c'est s'oublier soi-même :
N'êtes-vous pas un débris de nos cœurs ?
En avançant dans notre obscur voyage,
Du doux passé l'horizon est plus beau,
En deux moitiés notre âme se partage,
Et la meilleure appartient au tombeau !
Sabine VACHALD, Maire de LA MOTTE
Le 1er novembre 2011








