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Le 93° anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918 a été célébré en présence d'un public nombreux dont une quarantaine d'enfants


Le 93° anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918 a été célébré en présence d'un public nombreux dont une quarantaine d'enfants Le 93° anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918 a été célébré en présence d'un public nombreux dont une quarantaine d'enfants Le 93° anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918 a été célébré en présence d'un public nombreux dont une quarantaine d'enfants Le 93° anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918 a été célébré en présence d'un public nombreux dont une quarantaine d'enfants
Le 11/11/2011

Toutes les photos dans la galerie "La Motte en images" au bas de la page d'accueil


    Le soleil était au rendez-vous et a éclairé d'une tiédeur printanière la cérémonie.



   En présence des autorités civiles et militaires, le cérémonial s'est déroulé dans le respect du protocole devant un public silencieux, attentif et respectueux. Même les enfants, tenant chacun une fleur, ont été très sages. Ils se sont regroupés autour du monument aux morts et ont rendu hommage aux "morts pour la France" en entonnant la Marseillaise que leurs instituteurs leur a appris. Pour que la Mémoire se perpétue.



"Mesdames, Messieurs,



        Nous venons de vivre des jours d’angoisse qui rappellent à nos mémoires des images déjà vues, il y a peu.



        De l’eau, de l’eau partout, la Nartuby en furie, des vallons transformés en torrents, des débordements qui s’étalent et qui gonflent.



        Un phénomène climatique, déchaînement de la Nature, catastrophe naturelle. L’Homme, impuissant, a subi la volonté du Ciel.



        Nous sommes rassemblés, aujourd’hui, pour célébrer la fin d’un évènement historique, déchaînement des passions et des pouvoirs, catastrophe humaine. L’Homme, impuissant, a subi la folie de quelques hommes.



        La Première Guerre mondiale se traduit par une "grande saignée" dont l’Europe mettra des années à se remettre. Le conflit a fait 10 millions de morts, une moyenne de 900 soldats français tués chaque jour : la population de La Motte décimée en 3 jours ; 6 millions de combattants très sérieusement blessés. L’horreur absolue.



 31 juillet 1915



        Les tranchées de première ligne sont en face de nous. Ici, en plus des balles, des bombes et des obus, on a la perspective de sauter à 100 mètres en l'air d'un instant à l'autre ; c'est la guerre des mines. La dernière explosion a fait un trou de 25 mètres de profondeur sur 50 mètres de diamètre. Inutile de te dire ce que sont devenus ceux qui se trouvaient dans le rayon.



 



Octobre 1915



        Je crois n'avoir jamais été aussi sale. Ce n'est pas ici une boue liquide, comme dans l'Argonne. C'est une boue de glaise épaisse et collante dont il est presque impossible de se débarrasser, les hommes se brossent avec des étrilles. Par ces temps de pluie, les terres des tranchées, bouleversées par les obus, s'écroulent un peu partout, et mettent au jour des cadavres, dont rien, hélas, si ce n'est l'odeur, n'indiquait la présence. Partout des ossements et des crânes.



Pardonnez-moi de vous donner ces détails macabres; ils sont encore loin de la réalité.



 24 juin 1915



        Dans la tranchée, le pis, ce sont les torpilles. Le déchirement produit par ces 50 kg de mélinite en éclatant est effroyable. Quand une d'elles tombe en pleine tranchée, et ces accidents-là arrivent, elle tue carrément 15 à 20 types. L'une des nôtres étant tombée chez les Boches, des pieds de Boches ont été rejetés jusque sur nos deuxièmes lignes.



 juillet 1915



        J'ai vu de beaux spectacles! D'abord les tranchées de Boches défoncées par notre artillerie malgré le ciment et les centaines de sacs de terre empilés les uns au-dessus des autres; ça c'est intéressant.



Mais ce qui l'est moins, ce sont les cadavres à moitié enterrés montrant, qui un pied, qui une tête; d'autres, enterrés, sont découverts en creusant les boyaux. Que c'est intéressant la guerre! On peut être fier de la civilisation !



         L'attaque du 9 a coûté (c'est le chiffre donné par les officiers) quatre-vingt-cinq mille hommes et un milliard cinq cents millions de francs en munitions. Et à ce prix, on a gagné quatre kilomètres pour retrouver devant soi d'autres tranchées et d'autres redoutes.



   Si nous voulons prolonger la guerre, il faudra renoncer à ces offensives partielles et coûteuses, et reprendre l'immobilité de cet hiver. Je crois que dans l'état de fatigue où sont les deux infanteries, c'est celle qui attaquera la première qui sera la première par terre.



   En effet, partout on se heurte aux machines. Ce n'est pas homme contre homme qu'on lutte, c'est homme contre machine. Un tir de barrage aux gaz asphyxiants et douze mitrailleuses, en voilà assez pour anéantir le régiment qui attaque.



   C'est comme cela qu'avec des effectifs réduits les Boches nous tiennent, somme toute, en échec. Car enfin nous n'obtenons pas le résultat désiré. On enlève une, deux, trois tranchées, et on en trouve autant derrière.



 



        Voilà quelques extraits de lettres de poilus tirés du livre "Parole de Verdun" recommandé à toutes celles et ceux qui s'intéressent à la vie de ces hommes durant cette tragique page de l'histoire.



Ce sont des lettres de français et d'allemands qui auraient souhaité, plus que tout, arrêter ces massacres dont ils ne voulaient pas.



Leurs souffrances, leurs rêves et leurs espoirs y sont décrits minutieusement et plongent dans un univers effroyable !



On ne peut pas imaginer à quel point cette guerre a pu être terrible, je dirais même dégoutante. Un enfer !



    Le 11 novembre 1918, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, à 5 heures 15 du matin, dans un wagon spécialement aménagé, une convention d’armistice est signée : les hostilités doivent être arrêtées sur tout le front occidental à 11 heures, heure française.



Après cinquante-deux mois de durs combats, la Grande Guerre s’achève enfin…



C’est un profond soulagement pour tous les belligérants, une joie mêlée de tristesse pour les vainqueurs, une souffrance teintée d’amertume pour les vaincus.



On peut entrevoir le rétablissement de la paix, mais pour combien de temps ?



Le dernier poilu français s’est éteint en 2008. Il n’y a plus de témoin de cette tragédie, mais l’écho de la Grande Guerre résonne encore dans la mémoire collective."



 Sabine VACHALD, Maire de La Motte  



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